Les déséquilibres

Le grand bond en avant d’un joueur d’échecs correspond probablement au moment où il découvre la logique du jeu. Dans toute position raisonnable, il existe des avantages pour les deux camps. Il n’est pas toujours facile de juger qui est mieux. Il est en revanche logique de tenter de tirer le meilleur parti d’un avantage. Savoir ce que c’est qu’un plan n’est pas synonyme de pouvoir en concevoir un dans une vraie partie. Il faut aussi savoir reconnaître les particularités d’une position. Et pour cela, Silman s’appuie sur la notion de déséquilibre.

Aux échecs, un déséquilibre représente tout ce qui peut différencier la position blanche de la position noire. Notez qu’un déséquilibre ne représente pas forcément un avantage. C’est juste une différence. Il revient à chaque joueur de faire en sorte de transformer cette différence en avantage.

Voici les principaux déséquilibres:

TEMPORAIRES
DURABLES
Pièce légère plus active => Mauvais Fou (Fou dont les mouvements sont restreints par ses propres pions) contre bon Cavalier, mauvais Fou contre bon Fou, Fous de couleur opposé. Existe-t-il un échange avantageux ? Sans oublier qu’un Cavalier ou un Fou bien posté peut parfaitement être plus fort qu’une Tour si celle-ci ne peut exprimer sa puissance
Avantage matériel => Un pion ou une pièce de plus, mais aussi avantage matériel seulement sur un point précis. Si trois ou quatre pièces attaquent un Roi isolé, on ne compte plus les pions
Avance de développement => Prendre l’adversaire de vitesse pour être en mesure d’ouvrir le jeu avant que celui-ci n’est eu le temps de sécuriser sa position
Avantage d’espace => En général, le camp possédant le moins d’espace doit provoquer des échanges pour être plus à l’aise et le camp possédant le plus d’espace doit fuir les échanges
Initiative => Ce que dicte le tempo d’une partie
Meilleur structure de pions => Pions doublés, isolés, arriérés…
Contrôle d’une diagonale, d’une colonne, d’une case clef => Les rangées, colonnes et diagonales servent d’avenues à vos pièces, tandis que les cases leur servent de domiciles

Un déséquilibre éphémère doit engendrer un jeu dynamique.
Un déséquilibre durable engendre un jeu statique.

Un avantage statique fera difficilement le poids face à un assaut dynamique bien mené. En revanche si le potentiel dynamique ennemi peut être neutralisé, alors l’avantage statiques pourra l’emporter
Avec un avantage dynamique, exercez une pression soutenue sur votre adversaire, ceci empêchera ses avantages statiques de prendre de l’ampleur.

Il est très rare de retrouver un seul et unique déséquilibre dans une partie. En général il y a plusieurs qui interfèrent les uns avec les autres, ce qui transforme la recherche d’un plan correct en casse tête.
Dans ce cas, vous devez à tout prix trouver un plan adéquat qui tienne compte de tous les déséquilibres, même si c’est au détriment du temps.

Ne jouez jamais un coup parce que c’est à votre tour et qu’il faut bien jouer quelque chose? Ne jamais se dire qu’une meilleure idée vous viendra dans un coup ou deux.

Dans l’ouverture
Bien que l’ouverture est pour objectif la mobilisation des pièces, elle doit consister surtout à provoquer des déséquilibres, puis à développer harmonieusement les pièces de façon à ce qu’elles puissent unir leurs talents dans un seul et même but : exploiter les déséquilibres avantageux.
Mieux vaut ne pas se développer du tout que de le faire à l’aveuglette.
Vous retrouvez sans le moindre déséquilibre à alimenter est la conséquence directe d’une ouverture qui a lamentablement échoué.

En finale
Même en finale, il faut continuer à cultiver, alimenter, exploiter les déséquilibres.

TEMPORAIRES
DURABLES

L’avance de développement
Comme tout avantage dynamique, il doit être exploité immédiatement et engendrer un déséquilibre statique. Il peut permettre de doubler ou d’isoler un pion ennemi, d’annexer de l’espace dans tel secteur, de se retrouver avec la meilleure pièce légère, ect… Ainsi, vous entammerez le milieu de partie en ayant crée un point faible chez votre adversaire, a qui ne peut être que bon à prendre.
Idéalement, le but ultime d’une avance de développement consiste à forcer les lignes ennemies et tout ravager avant que l’adversaire n’ait eu le temps de sortir ses pièces. Dans une position grande ouverte, ne concédez jamais à l’adversaire une avance tranquille de développement.

L’initiative
L’initiative joue un rôle très important dans l’issue d’une partie. Et ce même au prix d’un sacrifice, qui vise d’ailleur souvent la prise de l’initiative. Sachant cela, n’acceptez aucun sacrifice qui fasse cadeau de votre initiative à l’ennemi, vous le regretterez.

Déficit matériel et sacrifices
L’intégralité matériel est déséquilibre majeur. Il faut toujours peser soigneusement le pour et le contre avant de céder du matériel.
Avant de gagner ou de sacrifier du matériel, tenez toujours compte de notre plan ET du plan ennemi (s’il vous  »donne » du matériel, il a certainement une bonne raison).

Les 4 commandements du gain de matériel
1) Echangez toutes les pièces pour passer dans une finale gagnante.

2) Regroupez votre armée au centre. Vos pièces doivent coopérer pleinement afin de prévenir toute contre attaque et éxécuter le commandement N°1.

3) En capturant du matériel, vous obligez votre adversaire à prouvez le bien-fondé de se sacrifice, ce qui va lui mettre la pression. Ceci vaut pour un sacrifice dont vous ne voyez pas le but. Mettez votre adversaire au pied du mur.

4) Profitez de votre avantage matériel pour améliorer votre position en douce. Lorsque votre adversaire sera péniblement parvenue à rétablir l’équilibre matériel, vous aurez l’avantage sur lui de par une meilleure position et/ou l’initiative.

A propos Nasquel

Ayant appris le jeu d'échecs a mes 15 ans dans un club de collège, j'y ai accroché de suite,
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